dimanche 10 mars 2013


Le complexe du vestiaire.




J’y ai été confronté trois fois cette semaine au cabinet. C’est un réel complexe même un syndrome, au sens où les conséquences en sont multiples tant il est néfaste et nuisible.

De quoi s’agit il ?

Jean-Paul 43 ans sur le divan me dit, mon Père m’a forcé à faire du foot, je n’ai jamais aimé cela, car il fallait se déshabiller et prendre la douche avec les autres. Mon copain Pierre qui était le meilleur buteur se déshabille devant nous, tout de suite après le match et se promène nu dans les vestiaires en nous bizutant. Je me suis toujours douché avec mon slip, tout le monde se moquait de moi, » p’tite bite tu caches ta p’tite bite« … Il avait un sexe énorme ! Du moins je le croyais à l’époque, j’ai toujours eu un complexe d’infériorité à cause de cela, même à ma femme je n’ose pas lui demander si «  c’était bien « 

Martine 32 ans me dit qu’elle n’arrête pas de dire à son mari « : Chéri, mes seins sont comment ? Ils ne sont pas trop petits ? Si ? Mais ils sont fermes non ? Tu ne trouves pas, tu crois que les hommes me regardent sur la plage ?

Et ainsi de suite.

Nous y avons tous été confronté garçons et filles. Cela démarre dés l’école maternelle, mais s’exprime surtout à la puberté.

Que ce soit réellement dans le gymnase ou sur la plage, dans la chambre d’un, d’une amie chez qui je vais dormir.

Comment s’empêcher de montrer, de voir de regarder le plus intime de l’autre ?

Ce moment où l’on se défait de ses vêtements les plus intimes et où la nudité apparaît.

En fonction de l’âge auquel ce moment est vécu va se constituer une structure psychologique qui malgré nous va s’organiser une chaine de comportements positifs ou négatifs.

N’oublions pas l’apport de la Psychanalyse dans la vision et lecture du fonctionnement de la personnalité et de sa construction. Freud dont la pensée que certains réfutent, par peur peut être, a démontré l’importance de la sexualité dans la construction de la personnalité.

La deuxième topique Freudienne nous parle de stade oral , anal , phallique puis génital . Dernier stade d’ailleurs qui est méconnu et sur lequel je reviendrai ultérieurement donner quelques éclairages.

Considérons ces fameuses topiques très simplement comme des représentations topographiques, ce schéma, dessin qui exprime mieux à lui tout seul que l’ensemble des belles phrases ne parviendraient pas à formuler mieux une idée un fonctionnement surtout.

Quand nous parlons de stade phallique, c’est celui lié à la construction et de l’appropriation de l’identité. C’est le moment du JE. Je suis !

Le moment où l’enfant prend conscience et de sa réalité et de son identité, c’est le stade du miroir Lacanien.

Ce moment où je prends conscience que j’existe que je suis. Cela autorise l’enfant à sortir des stades précédents et notamment du stade anal ou tout est confondu, tout est dans tout, d’ailleurs observez autour de vous ceux qui sont restés à ce stade au delà du fait qu’ils sont rigides, obsessionnels, très méticuleux, ce sont des personnes qui utilisent toujours le nous, le on , mais jamais le je . Je pense, j’existe, je propose, cela ne fait pas partie de leur vocabulaire qui ainsi exprime la réalité de leur personnalité. Décidément je suis très Lacanien ce jour !

Pour en revenir à nos vestiaires.

Ce complexe, vous l’avez compris est souché au stade phallique. Je ne vais pas faire un exposé total sur la réalité des stades qui est celui de la théorie de la sexualité infantile, néanmoins il est important de savoir que lorsque la libido apparaît désactivée des objets sociaux, notamment lorsque la sexualité génitale apparait, à savoir menstruation féminine, éjaculation pour le garçon, le stade phallique qui disparaît dans nos topiques vers les 6 ans , est réactivé ainsi que tous les autres stades , c’est le moment l’opportunité de tout « régler » les fixations orales , anales ,phalliques vont pouvoir se désagréger ou pas .

Si cela n’a pas été possible c’est là où la psychanalyse va intervenir, en retournant au plus intime de notre Moi, et grâce à l’abréaction tout réguler.

Donc dans notre vestiaire, que je sois garçon ou fille, nous somme dix à quinze à nous dévêtir, ma pilosité est présente ou peu , mes seins sont développés ou peu , mon pénis est présent , mes testicules sont sorties dans leur enveloppe .

Bref ce moment de l’adolescence où se posent des questions naturelles face à ce corps qui changent que je ne connais plus. Ce moment de l’enfance qui a duré une douzaine d’année subitement à disparu, exit ! Place à ce monde inconnu, celui de l’avenir en devenir !

Nous sommes confronté à l’inconnu, certains profitent d’un frère d’une sœur, d’un cousin, d’une cousine soit pour savoir, soit pour voir.

Voir ! Tout est là l’observation, savoir à travers l’observation comment est l’autre, mon pénis il est pareil, mes seins sont comme mes copines ?

Et c’est là que le complexe peut et va s’organiser, il y a toujours un garçon dont la pilosité est redoutable et dont le pénis affiche une taille impressionnante, une fille pour laquelle la poitrine est manifestement observable.

Bref ce moment intime du vestiaire nous l’avons tous connu.

Malheureusement même les « bien dotés » ne sortent pas toujours indemnes de cette épreuve. Les conséquences ne sont pas de même nature que l‘on soit garçon ou fille, l’égalité des sexes ne fonctionne pas ici.

Pour le garçon la notion de virilité repose uniquement sur la taille du pénis, c’est observable, c’est son organe sexué observable immédiatement de et par l’extérieur. T’as une petite bite ! Et c’est là que tout se joue !

Le garçon a 13 ans, c’est le moment je vous le rappelle où il s’approprie son identité, comme la fille, et lui dire cela …


C’est une petite mort dans sa future vie d’adulte qui va se construire.

Les conséquences sont dramatiques pour lui, pour la fille beaucoup moins.
Personne n’aurait l’idée de mesurer la cavité vaginale, encore moins la taille du clitoris. Heureusement pour les filles à ce moment du vestiaire ce complexe de castration n’existe pas. De comparer la taille de mes seins à ceux des copines, bien sûr mais cela ne remet en aucuns cas la notion de féminité en cause, le reste sera affaire de comportement.

Le garçon qualifié de petite bite verra sa personnalité se structurer autour de cela. Malheureusement nous pouvons les observer autour de nous. Ils sont dominés, écrasés, ou tyranniques exterminateurs comme pour compenser par les comportements les centimètres manquants à leur attributs virils.

Vous le voyez c’est un sujet complexe important qui mérite plus de développement, mais il faut intégrer que ces souvenirs de vestiaires sont des fondamentaux structurants dans notre éducation.




Chacun croit aisément ce qu’il craint et ce qu’il désire.

Jean de La Fontaine.

dimanche 24 février 2013


L’affection parentale est elle partageable ?




Quelle drôle de question, quel vaste sujet, pour lequel je n’ai rarement vu de pensées structurées, ni d’écrits, encore moins d’écrits universitaires.

Alors cela veut dire quoi, un sujet inintéressant, inabordable, voire tabou ?

Détaillons en premier le titre, il dit quoi ?

Est ce que l’affection parentale est partageable ?

Cela veut dire que nous adultes, parents, nous sommes reproduits tel que la nature nous le propose et avons la charge de bébés, d’enfants, d’adolescents. Comment les aimons nous ?

Répondre à cette question c’est bien sûr savoir qu’est ce qu’aimer , et la réponse spontanée aimer c’est tout d’abord s ‘aimer soi même !

C’est un vaste sujet que je vais développer dans d’autres articles, à savoir est ce que l’estime de soi à du sens.

Mon propos ici est de savoir si moi entant que Papa, Maman est capable de développer le même sentiment d’amour à tous mes enfants (désirés ou non)

C’est là où le sujet heurte, blesse, car peut hiérarchiser, l’enfant préféré, ou même dire celui que l’on n’aime pas ?

Cela semble flirter avec la morale. Bien sûr que oui car la morale est sensée se charger de la conduite de nos comportements en nous indiquant le sens que ceux ci doivent avoir.

Le problème pour elle, la morale c’est quelle est multiple. Ce qui veut dire que la morale n’a pas de sens, elle n’est que l’aboutissement de la construction intellectuelle d’une société à un moment T.

Alors les enfants s’ont ils aimés ? Et comment ?

Quel amusant déroulement de la notion de partage nous arrivons à la notion d’amour, et surtout d’amour parental.

Que dire ? Eloignons les pathologies qui à elles seules se livreraient à de multiples articles, pour en rester à un quotidien « normatif »

Bien sûr que nous aimons nos enfants tous de la même façon.

Bien sûr que nous avons tous été aimés de la même façon par nos parents.


Quoi que !

Pour exposer ma réflexion, quelques exemples cliniques :


- Mme Y, Lara :

J’étais la dernière pendant 5 ans, jusqu’à l’arrivée des jumeaux. J’étais la petite princesse ma mère m’habillait comme une belle poupée.

Et puis un jour, je suis allée à la clinique et Papa qui m’accompagnait, ma montré en souriant Maman avec deux bébés dans ses bras. A ce moment j’ai su, j’ai compris dans le regard de Maman, que je n’étais plus sa princesse. D’ailleurs cela s’est confirmé de jour en jour. Les bisous, les câlins étaient réservés aux jumeaux, et moi je faisais semblant d’être contente. J’aimais les jumeaux beaucoup, parce que cela faisait briller le sourire de Maman, mais depuis ce jour je n’existais plus.

Ma sauvegarde ?

Mon prénom Papa m’avait donné le prénom de ma Grand Mère , sa Maman , décédée un an avant ma naissance, et qui fait que Maman a fait tant bien que ce peut . Mais c’était perdu fini j’avais perdu l’amour de Maman.


- Mr J Xavier :

Mon frère ainé trois ans de plus que moi réussissait tout, à l’école, au sport, il était au rugby toujours a marquer, Papa attendait tous ses résultats scolaires, les bulletins l’enthousiasmaient. Maman s’occupait de Coralie ma petite soeur, que j’adorais, mais Maman, le matin ne venait plus ouvrir mes volets en me faisant des bisous, Papa, n’a jamais regardé mes bulletins. J’ai toujours trouvé cela normal, j’étais au milieu je ne demandais rien et je recevais en conséquence pas grand chose. Dans la vie on m’a programmé pour être pas grand chose, j’en suis triste, en colère pourquoi on ne s’est pas occupé de moi, pourquoi on ne m’a pas aimé comme mon frère l’a été, d’ailleurs je suis content, il a tout raté, ses études, sa carrière, son couple.


Mr Hervé.

Ma mère avait 18 ans quand je suis né, elle a toujours dit qu’elle me désirait, mais tout montre le contraire, quand ma petite sœur est née j’avais 10 ans puis mon frère j’ai vu la différence, comment elle était avec eux. Ces bisous, ces câlins je ne les ai jamais connus, mais c’est peut être parce que je ne connais pas mon Père, d’ailleurs Maman ne m’a jamais rien dit sur lui. Je suis une erreur de jeunesses mais cela encore nous n’en parlons pas.

Et ainsi de suite !


Alors aimons nous bien nos enfants ?

Avons nous été bien suffisamment bien aimé ?


Bien sûr qu’il est difficile de répondre à ces questions.

Qualité, quantité, comment hiérarchiser l’amour. Mon, ma chérie je t’adore !

Mais qu’est ce que cela veut dire.


Bien sûr qu’il y a une différence dans l’affection distribuée aux enfants, mais …chut !
C’est un tabou il ne faut pas dire que celui là, celle là, je ne l’aime pas trop !



« L’amour est l’unique révolution qui ne trahit pas l’homme. »

Jean Paul II.

dimanche 27 janvier 2013


                                     





                                         Superstitions.





Pourquoi ce sujet ?

Je suis constamment confronté au cabinet à cela. Je ne suis pas superstitieux mais, je fais attention … A quoi, euh non à rien, simplement je prends des précautions.

Du matin au soir du croyant au plus athée il semble que le monde de la superstition se superpose à la vie laïque courante.


Que disent les dictionnaires quant à la superstition ?


 - Croyance à des influences surnaturelles qui sont lisibles comme des présages , dans les gestes anodins de la vie quotidienne .

  • - Forme élémentaire et particulière des sentiments religieux consistant dans la croyance
  • à des présages tirés d'événements matériels fortuits (salière renversée, nombre treize, etc.).
  • Préjugé et pratique des gens superstitieux.
- Attachement exclusif, exagéré ou non justifié, à quelque chose : Avoir la superstition du passé.

    1. - Sentiment de vénération religieuse, fondé sur la crainte ou l'ignorance, par lequel on est
  • souvent porté à se former de faux devoirs, à redouter des chimères, et à mettre sa confiance dans des choses impuissantes.
  • La piété est différente de la superstition ; soutenir la piété jusqu'à la superstition, c'est la détruire. [Pascal, Pensées.

- Vain présage que l'on tire d'accidents purement fortuits. Il y a de la superstition à croire qu'une salière renversée présage un malheur. »

C’est un sujet tabou, délicat et conflictuel.

Car en fonction des sociétés, des religions, des cultures humainement acceptées ou non, déterminer de ce qui relève de la superstition est très délicat. Nous avons à nouveau des résonnances avec le domaine de la morale. Cela voudrait il dire que seul l’athée est préservé ? Non bien sûr, un communiste accompli peut craindre des foudres, par manquement à un comportement conforme au système.

La question qui se pose à nous quant à ce sujet est la notion de normalité, vous me direz comme toujours. Faire un signe de croix machinalement, se faire craquer les doigts, ne pas passer sous une échelle, ne pas mettre le pain à l’envers, attention au chat noir (à propos que sont les Maitres de ces pauvres animaux) qu’est ce qui relève de la normalité ?
Il était d’usage dans notre société judéo-chrétienne d’avoir jusqu’à récemment une pratique religieuse, s’exprimant par exemple par un rituel d’une prière au divin à différents moments de la journée. Est ce que cela relève de la superstition ?
Ce qui va relever de la superstition va s’organiser à partir du moment ou ce rituel est interrompu, lorsqu’il n’a pas pu avoir lieu. Que va t’il se passer si je n’ai pas pu répondre aux obligations qui m’ont été proposés ou que je me suis imposé ? Une grande incertitude, portée par une grande interrogation, ai je mal fait ? Et si oui que va t’il m’arriver ?
Vraisemblablement une grande punition à la hauteur de mon obscurantisme !

Nous voyons que tous les cas cela relève d’une autorité supérieure qui ordonne, agence notre quotidien. Alors déplaire à cette autorité supérieure que risquons nous ?

Tout. Cela dépend bien sûr de notre libre arbitre de notre éducation intellectuelle

Le domaine qui me préoccupe est celui qui relève de la pathologie, la superstition en fait partie.

Quand un individu tombe dans un état excédant considérablement la superstition commune à sa culture, nous pouvons considérer qu’à ce moment il s’agit de pathologie.
A partir de ce stade vont s’organiser différents stades, le premier immédiat qui touche à la superstition est la paranoïa.
Cette paranoïa superstitieuse va organiser un certain nombre de tocs, sensés rassurer quand à l’équilibre vital de notre existence.
Imaginons donc cet individu que nous connaissons si bien c’est nous , notre conjoint ,notre famille , nos amis , nos relations , que va t’il faire se réassurer en calant l’autorité supérieure sensément invoquée .
Pour certains cela passe par des bougies auxquelles sont confiées des vertus , pour d’autres ce sont des gri-gris plus ou moins ritualisés , pour certains ce sont des gestes , des attitudes , des manies , tout cela sensé caler la fureur d’un supérieur non satisfait .

Les Grecs nous avaient doté d’un Olympe, au moins cela avait le mérite de poser les interlocuteurs mais nous pauvres humains laïques, il ne nous reste que l’intelligence !

Mais finalement n’est ce pas cela le sens de la vie ?














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mardi 25 décembre 2012

Précis de Psychanalyse Active



J’ai rédigé un Précis de Psychanalyse Active afin d’expliquer, de recentrer ce qu’est réellement la Psychanalyse Active. Il s’agit bien de Psychanalyse, et celle ci trouve ses racines dans les fondements de la Psychanalyse historique notamment au travers les travaux de S Freud et S Ferenczi.

La diffusion de cet ouvrage est pour l’instant interne. Il est à ce titre destiné aux Psychanalystes en exercice,  membres du CSDPA dont j’ai l’honneur d’être le Président,  dans le cadre de la formation continue. Il sera diffusé, si toutes les configurations le permettent à partir de septembre 2013.

En effet la Psychanalyse Active revendique dans son essence, dans ses fondamentaux le concept d’évolution constante, elle n’est pas figée, elle est constamment dans l’adaptation, au contact des réalités sociologiques ou structurelles, et cela vraisemblablement la différencie des sociétés de psychanalyse «passive » plus amenées à reproduire et à réexpliquer les travaux de tel ou tel.

Dans ce Précis je "reprécise" ce qu’est la Psychanalyse Active, d’où elle vient historiquement et conceptuellement, rappelant constamment que nous sommes bien dans le cadre « classique «  de la Psychanalyse.

Ce précis est accompagné d’une nouvelle méthode, destinée à la formation des psychanalystes du CSDPA, et de tous les psychanalystes praticiens qui demandent à nous rejoindre.

Ce précis accompagné de la méthode qu’il sous-tend développe dés aujourd’hui des analyses de haut niveau d’intensité. Que celles ci soient à finalité thérapeutiques ou didactiques.

Ce haut niveau d’intensité sera possible dés janvier 2013 avec moi, dans mon cabinet Nantais, et très rapidement au siège du CSDPA à Paris, pour être ensuite actif dans d’autres agglomérations dans lesquelles nos psychanalystes sont en exercice.

Je vous remercie de continuer à réagir sur les propos que ce blog exprime. Maintenant que le Précis est rédigé, le blog va retrouver toute son expression.

Je vous remercie aussi et surtout pour l’intérêt que vous portez à la Psychanalyse Active, les articles qui constituent le fondement de ce blog vont réapparaitre très prochainement.

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année .

Très sincèrement Jacques Rivalin.

lundi 17 septembre 2012

"Ça passe vite, une vie."




" Assis sur le banc de la propriété familiale, je repense à tous ces moments depuis mardi lorsque Papa m’appelle.

Je comprends dans la confusion que maman est morte, lui pas encore, dans ce qu'il
me décrit, je lui dis précipitamment appelle les pompiers, je suis à ce moment occupé à refaire une chambre. Après une douche sommaire les pompiers sont là, Maman n’est plus visible, emportée par la maladie son cœur a cédé.

Tout a été vite, le médecin légiste, les pompes funèbres. Nous savions que Maman
était malade mais de là à ce que cela arrive aussi rapidement....

Je suis donc là assis sur le banc de la propriété familiale avec ces images immédiates violentes rapides déposantes. Papa arrive, il est ailleurs, ses yeux expriment ce que je n’ai jamais encore suffisamment vu en lui, la tristesse, la colère, la peur.

Je lui prends simplement la main, dans la famille, nous ne savons pas faire autrement et nous ne parlons pas. Finette le chien des voisins que nous affectionnons se campe simplement là.

Puis Papa me dit : "Tu sais Laurent, une vie ça passe vite"

J’ose à peine le regarder dans les yeux qu’il a d’ailleurs dans une narration intime que je ne peux ni ne veux percevoir. "

Laurent était en analyse avec moi lorsque sa Maman a été emportée. Lui s’attendait à la disparition de sa mère, le travail d’analyse lui a permis de faire, de terminer le travail de deuil avec sa Maman.

C’est plus moi à partir de ces réflexions et phrases qui ai souhaité vous faire partager ma lecture.

Cette phrase : "ça passe vite une vie" m’a interpellée car elle nous ramène au cœur du vivant, mais essentiellement au centre du travail psychanalytique.

Cela nous ramène a des réalités simples toujours associées à la mémoire car la vie qui nous appartient elle est liée à la mémoire et aux souvenirs. Quand nous sommes pleinement dans le vivant et surtout dans l’action celle ci n’apparaît pas dans nos préoccupations. La vie est indicible pleine et belle par sa vivacité, sa naïveté aussi... Nous ne nous rendons pas compte de ce qu’elle nous donne, dans son quotidien ferme et plein d’émotions petites pleins de joies, de tristesses, de colères, mais surtout pleines d’espoir.

"J’aime la vie quand elle rime à quelque chose" Dit Claude Nougaro. Moi j’aimerais dire "J’aime la vie tant qu’elle est là, car elle est !"

Une vie ça passe vite, cela renvoie à la perception du temps. Nous sommes inégaux face à cela, les organismes vivants n’ont pas le même rapport au temps, en fonction de leur structure.

Dans nos cabinets nous sommes tellement amenés à recevoir des patients qui sont passés à coté de cette beauté dont la nature nous a fourni. Leurs souffrances malheureusement ont pris le pas sur la réalité du vivant, et ceux ci ont pu vouloir attenter à leur vie.

Quel échec, quelle souffrance. Nos sociétés ethnologiques sont inégales aujourd’hui plus que jamais face à cela. Nous occidentaux avons favorisé une qualité matérielle dont nous ne pouvons pas nous plaindre sauf si celle ci altérerait Gaïa, avec une perception du temps de vie essentiellement productif.

Dans mon cabinet, j’entends depuis des années  "Mon Grand Père était en pleine
forme et après quelques mois de retraite il est décédé". Tout le monde bien sûr s’entend à
dire que ce dernier avait mal préparé sa retraite !

Une vie c’est court cela s’entend depuis l’âge de compréhension !

Quel drame que de dire cela, car effectivement dès tout petit enfant je sais au fond de moi, intimement ou pleinement tout ce qui va se passer ! Rapidement, les drames familiaux, les antécédents familiaux (qu'elle me lâche cette famille) je suis dedans, j’ai beau faire : par ignorance, soumission, rébellion ; je baigne dedans, font parti de chacun.

Le moment où nous prenons conscience et perception du temps et très variable. Ceci est malheureux pour le Psy de constater ces différences d’appréciations. Là encore le temps biologique est le même pour nous être humain, comment cela se fait il que certains disent ne pas être sensible au passage du temps alors que d’autre si ?

Cela est bien évidemment le même temps avec la rudesse plus ou moins des uns des autres.

Alors comment considérer qu’une vie passe vite ?

Nos empreintes, les phots ou les vidéos. Cela représente l’envie de se positionner par une datation dans de temps. Certains passent leur temps à le faire gage de réassurance permanente que le temps passant ils sont volés de quelque chose, mais surtout incapables par leur non maîtrise d’être simplement.

Une vie passe vite !

Deux approches : Celle vécue avec mes parents, en gros tout d’avant
Et l’autre : celle que j’a construit en tant qu’adulte.

Je vous rassure, les deux sont les mieux.

Enfant, vous vous en souvenez assurément le temps est long, c’étaient les jeudis, les mercredis après midi interminables, les longues vacances d’été.

Cela est mémorisé par chacun par des pointeurs temporels tels les fêtes Noël, anniversaires, autres, etc. Le temps dans ces moments n’a pas de matière, pas de quantité c’est la mémoire qui nos en donne l’accès, pas la conscience, vous le savez (je le redirai) elle n’est pas fiable, mais celle des souvenirs accessibles inaccessibles de la mémoire inconsciente.

Ces moments, ces piles "mnésiques" que je redéfinirai plus tard ne prennent pas de valeur temporelles. Aussi quand je vis, je ne pense pas à ce moment vécu, j’assimile simplement ce moment et le stocke en mémoire neutre inconsciente.

Aussi, construit de ces moments qui sont hors du temps, je suis moi même la conséquence de ce que mon inconscient produit.

Pourquoi le temps passe aussi vite ? Et surtout une vie ?

Par le décalage entre la réalité et le désir d’être.

La réalité est atemporelle, elle se fiche du temps et de vos désidératas elle est neutre, juste neutre. Le désir d’être est lui temporel et affectif, les deux cohabitent en permanence, mais ne sont pas amis, l’un trace, l’autre demande.

Cela veut dire que nous n’avons pas su dire , pour nous , simplement savoir , marquer ces petits moments d’harmonie , de bonheur que nous n’osons nommer, dire "je t’aime" , "je suis en désaccord avec toi" , en bref tout ce qui relève de l’affect .

Et cela tant que nous ne saurons pas le faire fera qu’à chaque fois d’aucuns diront "tu sais une vie ça passe vite."

Mais au quotidien cela se passe comment ?

Ce matin je me réveille de mauvaise humeur, avec mon conjoint l’intimité ça me gave, l’anniversaire de.... Je ne raconte même pas !

Cela veut dire apprendre à saisir la réalité du moment présent offert à nous, il ne s’agit pas de faire naître une béatitude stupide, mais quand j’ouvre ma fenêtre que ce soit à mon domicile ou sur mon lieu de travail, savoir humer pleinement l’air du temps. Savoir aussi hiérarchiser réellement ce qui à du sens dans une journée, ne pas tout prioriser par exemple simplement sur le plan professionnel.

Savoir apprécier ces moments gratuits d’une rencontre fugace, d’un sourire.

Savoir éviter les vécus du genre : En vacances sur un mois, la première semaine est fichue je pense à mon travail, les 15 jours au milieu ça va j’arrive à me détendre, la dernière semaine j’angoisse.

Eh bien oui la vie c’est cela, c’est simple, si, et si tout le reste est là.

Cela me ramene à un autre article sur le droit à la psychanalyse.

"La vie est courte pour l’homme heureux." Pierre Larousse

dimanche 2 septembre 2012

La rentrée m’angoisse.





Combien de fois entendons nous cela dans nos cabinets, combien de fois d’ailleurs cela motive une démarche chez le psy.

Je pense que nous pouvons en appréhender trois axes qui ne sont pas de même nature :
- L’un historique.
- L’autre conjoncturel.
- Le dernier plus philosophique.


- L’axe historique reprend simplement les principes de la psychanalyse, à savoir la façon dont je me suis construit se rejoue, à travers des comportements répétitifs plus ou moins conscients, plus ou moins maîtrisés. Ainsi vont donc se proposer à nous adulte à l’approche de la rentrée professionnelle, sociale, les réminiscences de celles que nous avons connu enfant. Pour certains cela sera la "joie"  de retrouver des lieux , des amis , des têtes , des challenges, et pour d’autres de retrouver le mal de ventre, l’envie de vomir, des difficultés à l’endormissement .

Ces entrées scolaires ont beaucoup plus d’importance que nous parents nous leur accordons, limitant notre vision souvent à la perte de l’être cher pour les premières entrées en maternelle notamment. En réalité chaque rentrée est un rite de passage. L’entrée en maternelle bien sûr, puis surtout l’entrée en CP, où l’enfant quitte le maternage de la petite enfance pour percevoir celui de la productivité que l’on va lui demander, il faudra avoir de bons résultats de bons classement et nous voyons des petits de 6 ans totalement effarés de cette pression qui peuvent s’enfermer dans des comportements anxiogènes handicapants.

L’entrée au collège puis au lycée en est autant. Nous sommes donc façonnés par ces expériences et même si la raison, ce conscient, qui veut nous faire aller de l’avant en positivant chaque rentrée professionnelle, nos vieux démons reviennent au galop et peuvent ainsi s’organiser des peurs indéfinissables, et ce qui est pire de véritables angoisses paralysantes filles de celle de nos enfants introjectés.

Pour revenir à nos souvenirs de rentrée, il faut remarquer que les enfants de nature anxieuse, angoissée, souffrant d'une mauvaise estime de soi, sont plus effrayés par cet évènement. Ces individualités plus vulnérables régissent moins bien des obligations de performances, ce qui peut amener rapidement des difficultés d'apprentissage ou de concentration. L'approche relationnelle avec les camarades d'école, ou les professeurs va ainsi devenir des freins et non pas des soutiens et encouragements. Ainsi  un sentiment d'insécurité ou d'angoisse s’installe et peut ne pas quitter l’enfant.
Si ce modèle effecteur est le notre nous ne pourrons pas échapper au coté et caractère répétitif de cet élève angoissé que nous étions, et la meilleure volonté du monde pourra vouloir nous faire minimiser cela mais … Il y a des limites.
C’est pourquoi je vois certains analysants me dire "mais je ne comprends pas, mon conjoint a tout pour être heureux dans son travail, à chaque rentrée c’est la même pantomime, il me fait le coup du mal de tête de ventre, d’angoisses, ne dort plus" …
- L’axe conjoncturel.
Rappelons de notre capacité à prendre de grandes résolutions l’année prochaine je repeindrai la cuisine, j’aurai mon bac j’irai fleurir la tombe de tante Estelle. Celles du jour de l’an imprégné d’effluves du réveillon sont pleines de solennité mais aussi pleines de vapeurs et de brouillard, alors cela fait vite parti du folklore, Ça s’oublie. Mais il y en a d’autres qui sont plus inquiétantes, celles que l’on esquisse un peu en juin, et dont on s’est tellement persuadé tout l’été qu’en août on gave tout le monde, a la rentrée j’arrête de fumer, de boire, je fais sérieusement un régime, je fais du zèle auprès de mon chef pour lui demander une augmentation …
Ces intentions louables, nous le savons sont difficiles à mettre en œuvre, elles font appel à de la privation, demandent de prendre sur soi, de renoncer à certaines paresses. Et aussi simple, nous nous mettons en état psychologique de crainte de ne pas réussir, de décevoir nos proches de ne pas y parvenir.
J’ai remarqué que nous sommes très structurés par la notion de rentrée scolaire qui marque une étape, un changement, un tournant, une évolution, plus que par celle du changement d’année, et qu’il y a un blues quasi naturel associé à cette période de rentrée.
Et puis aussi la rentrée pour tout être normalement constitué et relativement équilibré c’est passer d’un état de farniente, entouré souvent d’êtres chers, dans des activités souvent ludiques, à un état de retour au travail au social pour retrouver un univers ou l’objectif est la rentabilité, l’obtention d’un diplôme, du permis de conduire etc.
Et c’est rare que la rentrée soit pour ces raisons d’agrément vital un élément festif.

- L’axe philosophique.

Je dois avouer que c’est une petite pirouette, mais qui a mon sens n’en est pas dénuée.
Si je dois rentrer c’est que je suis donc sorti !
Sorti du système, des horaires, du cadre social, des obligations !

Où fini le monde de la conscience commence celui de l’extérieur. N’oublions pas que le conscient structure de façon synthétique notre pensée, notre façon de voir, le conscient façonné d’un surpoids de Surmoi n’a plus de conscience.
Avant la rentrée une forme large de liberté nous permet d’agir librement, sans contrainte. Pour Kant dont la réflexion est très proche de celle de Platon à ce sujet, la liberté ne signifie pas indépendance mais autonomie, c’est à dire la capacité à se donner à soi même ses propres lois. N’est ce pas une excellente définition de ce que les congés nous apportent ?
Cette période particulière que nous offre les vacances surtout celles de l’été permet de retrouver l’homme dans son état le plus naturel, d’ailleurs pour certains dépouillés de tous vêtements pour un retour à la nature, au rythme des marées, des cycles lunaires.
Le mythe de l’homme sauvage a d’ailleurs fait couler beaucoup d’encre.
       La rentrée porte en elle même cette appellation bien singulière, assez joué il faut rentrer !
Rentrer dans le rang, dans le moule, dans la classe, dans le bureau, à l’usine !
Bref tout sauf dehors. Nous avons tous en nous un aspect libertaire propre à nos premiers instincts grégaires alors quand la cloche de la rentrée a sonné, il faut remettre l’uniforme !

Alors si votre enfance a été jalonnée de rentrées calamiteuses, si vous avez juré de perdre 10 kg, d’arrêter de picoler, d’aller fleurir la tombe de la tante Estelle, et si de plus vous n’aimez pas être enfermé, je vous conseille une boite de bonbons au miel, ou  de trouver un très bon psy !

" De la forme nait l’idée"    Gustave Flaubert.

Sous les pavés …   La plage !

mardi 1 mai 2012

Empathie et Compassion



Quelles exigences ! Simplement dans l’idée de parcourir le champ d’application de ces deux mots. La psychanalyse y est confrontée en permanence.
En effet, l’empathie et la compassion côtoient, frôlent les champs d’investissement de la psychanalyse, dans son domaine d’application. Pour en simplifier l’approche et la compréhension, il est utile d’en rappeler le sens que le Littré en donne :

« - Empathie : faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent. »

« - Compassion : sentiment de pitié qui nous rend sensible aux malheurs d’autrui, pitié, commisération. »

Chacun conçoit ainsi que cela peut et doit toucher le domaine de la psychanalyse.

Cela est autrement plus complexe. Que le fait religieux soit amené, et « obligé »  à s’exercer dans les domaines que ces deux mots requièrent semble inévitable. À savoir : de la capacité à se mettre à la place d’autrui, et dans le même temps d’avoir l’aptitude d’avoir un sentiment de pitié et de commisération. Est-ce que cela veut dire que l’officiant prenne la peine de la famille, par exemple, à son compte ? C’est la où repose ma réflexion.


En réalité, ces termes relèvent d’un domaine bien singulier, et c’est pour cette raison que leur approche n’est pas spontanée et immédiate. C’est le domaine de la morale.

La morale est un ensemble de principes de jugement, de règles de conduites relatives au bien et au mal, de devoirs de valeurs, souvent érigés en doctrines, qu’une société se donne et qui s’imposent tant à la conscience individuelle que collective. Les conditions de vie, la culture, les croyances dominantes, organisent ce qui relève de la spécificité propre à la morale. Il est intéressant, à ce sujet, de s’autoriser à intégrer que ce qui à ce sujet nous a été plus ou moins introjecté est de fait relatif !

Pour rester dans ce domaine par rapport à la compassion il est intéressant de voir par exemple ce que nous dit Schopenhauer :

Un soir où il se promenait avec son ami le D Gwinner, celui-ci observant le ciel dans lequel les étoiles brillaient lui posa la question : « N’y a-t-il pas des êtres vivants, mais doués d’une existence plus parfaite que la nôtre ? » Schopenhauer lui répondit qu’il n’y croyait pas puis lui dit : « Croyez vous, qu’un être supérieur à nous voulut continuer un seul jour cette triste comédie de la vie ? Cela est bon pour des hommes, des génies ou des dieux s’y refuseraient. »

Cette réflexion résume la pensée de Schopenhauer : dans ce monde mauvais où la douleur corrompt toute joie, où la mort a le mot définitif, quel sentiment peut éprouver l’homme raisonnable et sage ?

En un mot : l’homme doit en arriver à donner accès dans son cœur à la sympathie. C’est le sentiment moral par excellence, ce lien par lequel nous sentons que nous sommes frères. Éprouver de la compassion, c’est donc ainsi devenir un être Moral. Une compassion sans borne à l’égard de tous les êtres vivants, cela ressemble à s’y méprendre au message Christique ! La base de sa morale est: la sympathie vive, ardente, se traduisant en pitié, en charité affective.

L’empathie.

Le terme a été crée par le philosophe allemand Robert Vischer pour désigner le mode de relation d’une personne avec une œuvre d’art qui permet d’accéder à son sens. Cela a été repris par Carl Jasper, puis par Sigmund Freud. En psychologie, l’empathie est la capacité à ressentir les émotions, les sentiments d’une autre personne ou de se mettre à sa place. Cela nécessite un effort de compréhension intellectuelle, mais tout en excluant la confusion de soi et de l’autre. L’empathie n’implique pas de partager les sentiments ou les émotions de l’autre, encore moins de prendre position, contrairement à la sympathie ou à l’antipathie. En philosophie, cela désigne l’appréhension immédiate de l’affectivité d’autrui.

L’empathie, de fait, est devenue un lieu de dialogue et de conflit central des différentes disciplines classiques des sciences humaines. L’empathie se retrouve au cœur des problèmes théoriques, cliniques et politiques. Elle est reprise dans l’herméneutique par Dilthey, dans la phénoménologie par Husserl, reprise et redécouverte par la psychanalyse surtout dans l’approche de Ferenczi.

Comprendre l’empathie comme co-sentir ! Des modèles politiques actuels proposent des programmes organisés autour de cette notion d’empathie. Je m’en méfie particulièrement. De même que sans cette conception, nous pouvons vite arriver au totalitarisme !


Je me souviens de cette question, une cité a-t-elle besoin de ponts ou de murs ?

La réponse vous la connaissez bien sûr. Alors quel lien avec l’empathie ?

Compassion et empathie, pourquoi ce sujet de réflexion ?


Il y a quelques années de cela une infirmière qui venait en séance me disait : « Ma chef de service m’a dit : « vous savez Michelle, dans notre métier il faut faire preuve de compassion et d’empathie » », et celle ci choquée de me dire, « Mais je sais bien pourquoi les patients sont là, moi je me dois de faire au mieux mon travail, d’être la plus professionnelle, sans compassion ni empathie. »

Cette réponse peut surprendre. Non seulement elle est pleine de bons sens  mais me semble être une approche simple face à la morale.

Aux psychanalystes que je forme, je les mets en garde dès le départ de la formation à ne jamais faire preuve de compassion ou de d’empathie, mais de neutralité bienveillante. Cela est beaucoup plus difficile, car oblige à avoir trouvé un équilibre personnel minima, suffisant pour prendre en charge la quête analytique de l’autre.

S’il y avait compassion ou empathie, sans l’activité ou l’expression silencieuse du psychanalyste, cela conduirait instantanément la cure à son échec.

Et puis, sur un plan sociétal, imaginons une nation pleine d’empathie et de compassion face au monde qui  nous entoure ! Comprendre la peine d’autrui, la prendre en considération l’assumer par altruisme ! N’est ce pas vendre son âme au diable dans la dislocation de son identité ?


Alors ces deux termes que calent t-ils ?


Enormément de réflexions quant à ce qui relève de la morale, celle ci est relative. La morale dépend de l’histoire, de la culture, de la religion, de la destinée familiale. La morale ne peut être que personnelle.

La philosophie à travers ses disciplines nous ouvre à une lecture de l’humanité. La morale en fait partie. C’est elle qui a porté l’homme dans sa destinée de compréhension et de respect mutuel. Empathie et compassion en sont deux piliers incontournables, autour desquels il faut continuer à alimenter cette réflexion de l’être.

Mais il ne faut pas être prisonnier de mots qui peuvent rendre, le sujet aliéné, s’il n’a pas la capacité à faire face avec la morale.


« La philosophie n’est rien d’autre que l’amour de la sagesse. »  Cicéron.